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Comment filmer le football pro et amateur ?

By 23 juillet 2018 No Comments

Comment filmer les match (pro et amateur) ?

Dans cette article, nous avons cherché à rassembler l’ensemble des témoignages des nos client concernant la manière de filmer .

La manière de filmer les matchs dans le monde professionnel, et nous l’avons vu encore avec cette dernière Coupe du Monde ne ressemble en rien avec la façon de filmer les matchs de foot des années précédentes. L’image, les moyens techniques, la perception du spectacle ont modifié la manière de filmer un match .

 

Plan large VS focalisé sur le porteur de balle

Deux grandes écoles s’affrontent ou plutôt 2 orientations filmiques. La 1èrefait le choix d’une perception globale sur la confrontation de jeu. La vidéo de match de sport collectif se caractérise par un plan large et peu interrompu favorisant la fluidité du jeu, la visibilité tactique, l’animation du système, le mouvement collectif sans ballon.

L’autre école quand à elle se focalise sur le porteur de balle. C’est donc une vision plus individualiste. La vidéo multiplie les plans et coupe la fluidité du jeu. Les plans rapprochés sont au service de la technique individuelle. Il y a  quelque chose de théâtrale avec ces gros plan sur les acteurs et actrices du terrain

 

L’impact du cinéma sur la façon de filmer un match

Dans Libération en 2014, un interview très intéressant confronte les points de vue de professionnels, le cinéaste Roumain Corneliu Porumboiu qui a notamment réalisé le film “Match retour” (2014) et de Patrice Blouin, spécialisé sur les représentations du sport.

L’évolution du filmage des matchs vous intéresse-t-elle ?

C.P. : Je suis dérangé par cette nouvelle caméra survolante, à l’objectif grand-angle très déformant, qui me donne l’impression de se mêler au jeu, d’intervenir presque, et qui déforme les perspectives et les lignes. Je préfère me tenir à l’extérieur du jeu, dans sa fluidité et sa continuité. Par goût, je préfère suivre un match avec ce que l’on appelle le plan de base.

Votre film montre combien la réalisation à trois caméras des matchs dans la Roumanie de 1988 était asservie à une idéologie du régime. A votre avis, quelle idéologie semble travailler aujourd’hui le filmage des matchs de football ?

C.P. : Il me semble que ce qui sous-tend ce que l’on voit, beaucoup plus que par le passé, c’est l’idée d’un star-system, cette façon de multiplier les ralentis et d’isoler une figure, même en marge du jeu, alors que le match se poursuit. Lors du dernier match de poules de l’Argentine, Lionel Messi est sorti à vingt minutes de la fin, et alors qu’il était sur le banc et avait quitté la partie, on a vu au moins trois ou quatre plans sur lui. On sent bien qu’il y a quelque chose d’hollywoodien qui s’infuse dans la mise en scène de ce sport, et que désormais les joueurs sont aussi très conscients de là où se trouvent les caméras.

P.B. : Dans la dramaturgie, la domination récente de l’équipe espagnole semblait justement aller à l’encontre de ça, avec son jeu de passes ultracollectif où tout le monde pouvait prendre la place de n’importe qui. Il y avait un vrai mystère dans l’effacement de toute singularité saillante au regard du grand public, des individualités qui composaient l’écheveau collectif, sans leader façon Messi ou Ronaldo. Je n’arrive pas vraiment à identifier une forme de cinéma qui serait comme l’équipe d’Espagne de ces six dernières années. Et l’on a senti, chez les commentateurs de la fin de règne de cette équipe, un soulagement à revenir à une dramaturgie plus conventionnelle et stéréotypée. Pourtant, la représentation des collectifs ayant toujours à voir avec des formes politiques, je trouvais réjouissant que des milliards de gens aient pu contempler un modèle aussi collectiviste et démocratique.

Comment évoluent, alors, ces modalités de la place des spectateur ?

 

C.P. : Ce qui m’apparaît le plus troublant dans cette Coupe du monde, c’est que l’on assiste à une explosion générale de la mise en scène, avec notamment la possibilité sur les sites de chaînes de télévision de suivre les matchs en multicam. J’ai l’impression que l’on m’offre pour une fois d’être plus actif que jamais, de me faire metteur en scène avec des yeux de mouche, alors que le spectacle d’il y a quatre ans était encore une pure expérience télévisuelle sur laquelle je ne pouvais pas influer. Il y a notamment cette possibilité très belle et troublante de pouvoir suivre le match en ne regardant qu’un joueur en caméra isolée, qui ne va rencontrer qu’en de rares moments un jeu tenu hors champ, et dont les soubresauts sonores du stade nous disent qu’il se déroule ailleurs, qu’on le rate en le regardant d’aussi près. Il y a une perte de contrôle consentie du diffuseur qui se joue là-dedans, qui fait que l’on s’empare des images pour concevoir son propre cinéma, jusqu’à ces spectateurs qui filment leur écran de télé pour poster les ralentis des buts sur Vine, où ils vont tourner en boucles de six secondes.

Dans quelle mesure avez-vous le sentiment que le cinéma et la mise en scène du sport peuvent encore s’influencer ?

C.P. : Cela a toujours été lié dans un jeu d’influences, et le cinéma a considérablement pesé sur l’évolution du spectacle sportif. Jusque dans des expériences comme ces entraîneurs roumains dont j’ai lu qu’ils montraient à leurs équipes le film d’Oliver Stone, l’Enfer du dimanche, avant les matchs, à des fins de préparation mentale. Mais il me semble qu’à l’image d’un certain cinéma qui est très attaché à tout voir, tout montrer, ce sont des logiques immersives ou participatives de jeux vidéo qui s’imposent petit à petit, et que c’est ce médium-là qui constitue aujourd’hui le nouveau pôle d’attraction et d’influence le plus fort pour tous les autres.

Les réalisateurs détestent-ils la tactique ?

Il est de plus en plus difficile aujourd’hui d’analyser la tactique d’un match de foot.

Le plan rapproché est de plus en plus plébiscité. Jacques Blociszewski, spécialiste de la question s’amuse régulièrement à compter les plans isolant un joueur. Pas moins de 200 gros plans sur un visage par match, auxquels il faut ajouter plus de 100 plans isolant un joueur du reste.

Les réalisateurs français prennent l’habitude d’isoler notamment le porteur de la balle pendant que l’action se déroule. A l’inverse des autres pays, leurs homologues anglais ou allemands font quatre fois moins de plans rapprochés. La télévision française donne la priorité à ce que le joueur fait, avec le ballon, au détriment de la perception de ce qu’il pourrait faire. L’action est ainsi réduite à ce qu’un joueur entreprend sur le seul plan technique, balle au pied. Le jeu tactique les choix du joueur est totalement délaissé.

Il semblerait qu’en France, la priorité soit donnée à ce qui est technique. Les réalisateurs s’adaptent à un public baigné de jeux vidéos et avide de cinéma hollywoodien. Les réalisateurs s’adaptent sur la façon de comment filmer un match de foot. Les réalisateurs se mettent à la place des joueurs, pour les incarner. Or qui regrette que les buts partis de la défense de Maradona ou de Messi aient été filmés dans ce cadre assez large permettant de percevoir la trajectoire de la course et les obstacles éliminés un à un ? Le plan large offre une vue permettant de voir toutes les options de jeu qui s’offrent aux joueurs et d’apprécier ses qualités.

“A droite !”, “Change d’aile !” sont des cris de supporters de plus en plus réservés à ceux qui vont au stade. Il est quasiment impossible d’avoir ces types de remarque devant sa télévision.

 

Comment le foot amateur en France est-il filmé ?

Les matchs filmés par la fédération au niveau national filme selon un plan large et ininterrompu. La vidéo met en valeur une perception tactique. Les gros plan sur les visages ou les joueurs sont très très rare. Hors interview bien sûr. Le gros avantage de ce type de plan est de permettre même si un match est pauvre en tir et en but, le plan large permet une appréciation des tactiques misent en place par les équipes, l’organisation des blocs,  les systèmes de jeu.

A l’inverse la web TV du LOSC qui diffuse les matchs de l’équipe féminie met l’accent sur les porteuses de balle plus que sur un plan large. L’aspect spectacle est totalement la piste privilégiée. C’est totalement compréhensible. La Web TV suit la même approche spectacle que les matchs de football retransmis à la télévision. Cette façon de filmer les matchs sert à augmenter la côte de popularité d’une équipe en produisant des résumés synthétiques et marquants pour retrouver les meilleurs moments du match. Cette stratégie est idéale pour mettre en avant un sponsor et favoriser les revenus publicitaires. On retrouve la même façon de filmer le match de foot amateur sur la web TV de L’OM.

Sur les sites des clubs notamment de la D1 Féminine on retrouve des vidéos à plan très large, permettant de voir quasiment la totalité des joueuses sur un même plan. Ceci devrait changer puisque c’est les équipes de Canalplus qui vont filmer les matchs du championnat. L’objectif du staff technique est clair. Le match est filmé sur un plan large pour une analyse analytique. Voici un exemple à la 4èmeminute sur cette vidéo.

Un cas particulier est celui de Erwan Chapel. Vous pourrez découvrir ses vidéos pour le club de Soyaux. Il adopte une approche plutôt rapproché et continu mais son zoom permet tout de même de conserver une visibilité sur le reste du collectif, du moins autour du ballon. Ce type de plan permet de faire ressortir nettement les actions marquantes. Les gros plans viennent compléter ses plans semis-larges notamment sur les buts. Ce qui offre un plus pour  le spectateur.

Un autre cas particulier sont les vidéos prises par Willy Fraise pour l’équipe Féminine du club de Grenoble Claix Football. La caméra filme avec un plan large derrière les buts. Voilà ce que cela donne ici.

Comment Vue des tribunes filme les matchs ?

Chez Vuedestribunes.com, nous vous apportons deux vidéos, l’une avec le plan large et l’autre avec un plan zoomer sur le porteur du ballon.

Nous avons opté pour un plan large. Ce qui permet au staff d’aborder l’aspect collectif de l’équipe afin de faire progresser sportivement les joueurs et l’équipe.

L’autre vidéo zoomée sur l’action permet de ne pas couper la fluidité des actions qui ont besoin d’un plan large pour les apprécier. Toutes les bourdes volontaires ou involontaires du caméraman sont donc évitées. C’est à l’entraineur de choisir quel plan il veut analyser une action.

Allez plus loin sur l’art de coacher grâce à la vidéo

Si vous êtes sur cette page, c’est que la recherche de la performance vous intéresse. obtenir des résultats, faire progresser vos joueurs, vos équipes sont des objectifs au coeur de votre projet sportif. C’est pour cela que nous avons concentré dans 55 pages, les meilleurs conseils, techniques, astuces pour utiliser la vidéo, même dans des structures amateurs.

 

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